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Rue des Martyrs

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Deux Haisnois ont contribué, par leur destin respectif, au nom de cette rue. Alexandre BECU et Ludivine DUGRAIN.

Alexandre BECU

Alexandre BECU, originaire de Salomé où il est né le 19 mai 1878, avait épousé à Haisnes le 8 avril 1901 Irma LHEUREUX, originaire de Haisnes où elle est née le 20 juillet 1881. Après avoir effectué sa carrière professionnelle à la fosse N°7 de Wingles comme chef mécanicien et afin de profiter pleinement de leur retraite, Alexandre BECU et son épouse achetèrent une maison rue du Calvaire et s’établirent définitivement à Haisnes.
Il transforma peu à peu le logement, construisit un garage pour y installer sa « Rosalie » car  il était l’un des rares habitants de Haisnes à posséder une automobile.
Dès l’invasion du village par les troupes allemandes, la voiture chargée d’effets personnels, Alexandre BECU et son épouse fuirent en direction d’Arras. Arrivés à Aubigny-en-Artois, ils sont arrêtés par les soldats allemands.
Alexandre BECU est emmené par les autorités allemandes. Son épouse, laissée en liberté, attendit vainement sa libération, elle ne le revit jamais plus.
Un soldat allemand ayant été abattu probablement par un civil français, en représailles les Allemands arrêtèrent quelques civils, dont Alexandre BECU. Des affiches avaient été placardées dans les villes et villages, elles indiquaient, que pour un soldat allemand tué, 10 civils seront fusillés. Alexandre BECU et ses compagnons sont ainsi retenus comme otages.
Au total, 98 civils furent emmenés au chemin de St-Eloi au lieu dit « La Carrière »,  et fusillés les 21 et 22 mai 1940. Alexandre BECU,  sans autre forme de procès, a été fusillé le 21 mai 1940.
Son acte de décès, provenant de la commune d’Aubigny-en-Artois, a été transcrit sur les registres de l’état civil de la commune de Haisnes le 10 septembre 1940.

Ludivine DUGRAIN

Ludivine DUGRAIN, restée à Haisnes lors de la Première Guerre Mondiale, a vécu la période de l’occupation du village par l’armée allemande du 10 octobre 1914 au 29 mars 1915. Née à Haisnes, le 11 décembre 1895, elle est la fille de Alfred Eugène DUGRAIN et de Zulma GAILLARD.
Elle était âgée de 18 ans lors de l’invasion allemande. Le 12 octobre 1914, elle fut retenue par les Allemands dans le garage de la pompe à incendie, pendant 36 heures, comme otage en compagnie de l’abbé LETOQUART, M. POTEL, sa soeur Blanche et d’autres personnes.
Elle avait évacué la commune, avec tous les habitants restés à Haisnes, sous un déluge d’obus le 29 mars 1915.
Au retour de la guerre, mariée à Pierre MOUREAU, originaire du Lot, elle s’installe avec son mari à Haisnes, rue du Calvaire. Le couple aura plusieurs enfants.
En mai 1940, devant l’avancée des troupes allemandes, la famille MOUREAU évacue le village et forme avec d’autres personnes un cortège de réfugiés qui fuient en direction de Béthune.
Arrivés le 23 mai 1940 au chemin de Béthune à Verquin, les avions allemands mitraillèrent les colonnes de réfugiés.
La famille MOUREAU fut sévèrement touchée, le père Pierre fut gravement blessé au pied et deux des ses enfants Paul-Victor et Marie-Maria furent tués, ils étaient âgés respectivement de 13 et 15 ans. Pierre MOUREAU fut évacué par son fils Jean-Paul. Transporté à l’hôpital de Lens, on l’amputa de la jambe droite.
Fortement marquée par la profonde tragédie de la Première Guerre mondiale, Ludivine DUGRAIN est de nouveau éprouvée par la blessure de son mari et la perte de deux de ses enfants.
Après la guerre, la rue du calvaire deviendra rue des Martyrs en hommage aux familles BECU et MOUREAU.