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Place Elie Reumaux

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Place centrale de la cité 13, elle accueille des terrains de pétanque et des jeux pour les plus jeunes.

 

Un talent en veille

Ingénieur et Directeur de la compagnie des Mines de Lens, Elie REUMAUX est né le 13 novembre 1838 à Wemaers-Cappel d’une très ancienne famille de Flandres et passa toute sa première jeunesse parmi les laborieuses populations flamandes.

Elie REUMAUX reçut le « brevet » du Conseil de l’Ecole, le 30 mai 1863 (on appelait ainsi à cette époque le diplôme d’ingénieur civil des Mines). C’était l’époque où le bassin minier du Pas-de-Calais, découvert 10 ans auparavant, commençait à être mis en valeur. Dans tout le pays, le sous-sol avait été exploré, les limites du bassin houiller se précisaient et de hardis industriels se groupaient pour l’exploitation de ce nouveau gisement qui devait transformer, avec une prodigieuse rapidité, une région jusque là purement agricole en un des plus grands centres houillers d’Europe. Parmi les nouvelles entreprises se trouvait la Société des Mines de Lens, constituée en 1882 par un groupe d’industriels Lillois. Ses débuts avaient été difficiles et en 1856, ses fondateurs avaient fait appel à la collaboration du gendre de l’un d’entre eux, Edouard BOLLAERT, alors ingénieur des Ponts et Chaussées à Lille. M. BOLLAERT qui avait contribué par ses conseils à l’exploration du gisement, fut nommé Agent Général de la Société. Dès lors, la Société des Mines de Lens se développa rapidement et en l’espace de 10 années, 4 puits furent foncés, mis en service et reliés par voie ferrée au canal de la Deûle à Pont-à-Vendin.

Un fidèle collaborateur d’Edouard Bollaert

Devant l’importance des travaux à étudier et à exécuter, Edouard BOLLAERT vit la nécessité de s’adjoindre un ingénieur spécialement chargé de la direction des travaux du fond, que les questions d’organisation générale ne lui permettaient plus d’assurer entièrement. M. DAUBREE, alors directeur de l’Ecole Nationale Supérieure de Paris, signala d’une manière toute personnelle à M. BOLLAERT les mérites du jeune ingénieur REUMAUX que ses aptitudes extraordinaires auraient dû faire sortir le premier de sa promotion. M. BOLLAERT le fit venir, le jugea d’un coup d’œil et le proposa à son conseil d’administration. Il était alors âgé de 27 ans.

Ces deux hommes vont dès lors concevoir, organiser et exécuter en parfaite harmonie un programme de travaux qui, en peu d’années, élèvera la Société des mines de Lens au premier rang de l’industrie minérale française.

Resté seul après la mort d’Edouard BOLLAERT auquel il succéda en 1898, Elie REUMAUX poursuivra l’oeuvre commune, la développant sans cesse, faisant des mines de Lens un véritable monument industriel.

Des qualités reconnues
En 1866, la production de Lens était d’environ 350 000 tonnes. En 1872 elle atteignait 500 000 tonnes et le problème se posa de charger une partie importante de ce tonnage dans les péniches de la Deûle à Pont-à-Vendin. Elie REUMAUX y construisit un quai d’embarquement achevé en 1873.

Il lia son nom à de nombreuses inventions, axées sur la sécurité et l’économie de l’exploitation. Ses taquets hydrauliques si simples et si ingénieux ont rendu les manœuvres du fond indépendantes du machinisme d’extraction. Déjà en 1900, l’extraction avait atteint 3 000 000 de tonnes, la Société des Mines de Lens s’était placée au premier rang de l’industrie minière du pays et, à l’occasion de l’Exposition Universelle, M. REUMAUX reçut de M. MILLERAND, Ministre des Travaux Publics, la rosette de la Légion d’Honneur.

Il fit aussi construire des logements pour le personnel. Ainsi s’élevèrent autour des principaux sièges d’extraction de grandes cités ouvrières, bien aérées, pourvues de jardins et de squares, avec leur église, leurs écoles, les dispensaires, les consultations de nourrissons, les coopératives. Près de 8 000 logements avaient été construits avant la Grande Guerre.
Le gouvernement reconnut les éminents services de M. REUMAUX et lui conféra en 1910 le grade de Commandeur de la Légion d’Honneur.

Pendant la première Guerre Mondiale, les Allemands dynamitèrent les machines d’extraction, coupant les câbles, précipitant au fond cages et berlines. Le 23 octobre 1914, M. REUMAUX dut assister, en personne, à la destruction de la fosse 13 à Hulluch qui porte son nom.

Le 28 octobre 1922, se rendant à Carling pour une réunion, M. REUMAUX, par suites de circonstances inexpliquées, tombe du train en pleine voie. Le voyageur qui l’accompagnait fait arrêter le convoi. Les employés d’Ars-sur-Moselle le trouvent à quelque distance, tué sur le coup. Ils le transportent à la gare, dressent une chapelle ardente et, avec le concours empressé de la municipalité, lui rendent un suprême hommage. Ses funérailles ont lieu à Lens le 4 novembre 1922 au milieu d’une affluence considérable. Il sera enterré au cimetière de Lens.

Principaux brevets déposés par Elie REUMAUX
1873 : Système d’embarquement pour les charbons
1877 : Système d’appareil de triage et de câblage
1886 : Système d’enclenchement des taquets avec les sonneries et les barrières d’accrochage de fond.
1888 : Appareil d’arrêt automatique des machines d’extraction.
1889 : Système de taquets à effacement par rotation autour d’un axe excentré.

Extraits du livre « Haisnes Lez La Bassée Village d’Artois » de Roger Vanacker